16 août 2009

Aurores

Deux visites déjà au chafouin des aiguilles fines, et mon asthme donne des signes de stagnation. L'écrasante chaleur qui règne sur les espaces extérieurs recouvre mon souffle d'une colle impalpable, gluante et tiède, fatigante. Mais les interminables épingles soigneusement piquées en des points stratégiques du corps font plus que laisser de menues traces rosacées. Les énergies se rééquilibrent, les chakras s'ouvrent, les fluides circulent (charabia de médecin paralèle et chafouin, peu me chaut pourvu que l'efficacité soit au rendez-vous)... Bref, ma santé doit rapidement s'améliorer. Un rendez-vous à venir, toujours chez le même praticien, doit encore augmenter les effets de sa cure, mais il est recommandé de consulter plus tard ailleurs, régulièrement, de façon à ne pas perdre les effets bénéfiques d'une telle médecine. Mouais, à ce prix, ma santé risque de me coûter plus cher que les quelques médicaments nécessaires de temps en temps.

Côté administratif, les astres évoluent doucement vers une conjoncture plus propice, semble-t-il. Une jeune dame efficace au sourire enjoué a repris le dossier chômage en main et devrait mettre un terme à mes soucis dans les jours à venir.

31 juillet 2009

Cahors

La route fut vertigineuse, menant laborieusement au haut aéré de la ville quercynoise. Mais la valeur de la chandelle n'a aucune commune mesure avec le but d'un tel voyage.

Brise tiède sur chaleur du coeur, partage de matière humaine dans la plus pure générosité, avec une élégance naturelle que seule la sincérité peut atteindre ; ce morceau de paradis s'ouvre à mes yeux comme une orange parfumée à noël. Une annexe à mon Paradis méditerranéen vient de m'être offerte par l'homme à la probité obsolète et à l'âme planétaire avec lequel j'aurai très bientôt la chance immense de partager breakfasts et diners, et surement aussi un canapé !

 

Donc arrivée en douceur et sourires parentaux charmants, puis visite guidée, by night, de la cité infernale de Dante – pont et lumières sur fond de plantes et histoire.  Le talentueux Hobbit Elégant sut attiser ma curiosité et mon attention en contant l'histoire du diable attrapé par un homme au cerveau retors. Encore !

Ma première nuit fut accueillie par l'oreiller complaisant de l'aînée absente. Merci.

Suivit la balade d'après-midi ensoleillé, pas trop chaud, ouvrant les portes des échoppes à souvenirs, boulangerie, fromager, et le très généreux caviste auquel j'ai promis quelques cartes postales de divers lieux de visite, loin.

Au coin d'une banque, une personnalité locale colorée nous invita pour un diner élégamment arrosé. Dans la nuit avancée, le cinéma s'offrit, projetant un obscur film de moutons-garous décevant, mais avec l'attention plus que notable de se réserver juste à nous – mon hôte, notre hôte, un ami commun, et votre serviteuse - petite-fille sorcière pour une nuit, étoilée.

Seconde nuit plus avancée, petit déjeuner princier dans un jardin idéal.

 

Merveille


29 juillet 2009

Pouces

 

Entre un soda et un milk-shake, des poids tombent, l'air fluit.

Entre deux bouts de mousse et deux bras de confiance, le cercle bat sur un rythme de musique vivante, de neuf pouces au moins.

Entre deux démarrages et deux en-cas, la nuit couve l'arrosage du carreau et les oranges pressées d'un nouveau petit déjeuner.

 

7 jokers pour une voie lactée.

 

Millions de sourires aériens.

 


26 juillet 2009

...nuit...

 

 

Fenêtres et rideaux au coeur de la lumière,

Lambeaux tenaces qui laminent et menacent,

Nuages de bordure qui, en un court instant,

Effacent.

 

Clair et chaud, le soleil répand et défend,

Un air si beau, si doux.

Douillette et clémente, la lumière comprend,

Nourrit, materne, dessine.

 

Pourtant les ombres...


N'est-ce qu'un répit, un entre-deux à jamais, de pluie ?

N'est-ce qu'une illusion, chaleur épéhémère, lumière amère ?

N'est-ce qu'une saison, propice à l'orage,

qu'un long passage

avant le prochain printemps..?

 

D'autres fleurs viendront, d'autres choeurs chanteront.

De la mousson naît la vie, féconde, multiple, pleine de promesses.

La lumière explose en chaque goutte et inonde de couleurs un jardin en transition.

 

Toujours les ombres, sous l'abondant feuillage chlorophyllien, au creux d'une corolle parfumée, au passage d'un nuage. Fraîcheur bénie qui n'ouvre plus que sur des souffles légers, pour équilibrer ce soleil pour toujours au-dessus des toits.

 

Nuit...

Des idées et pensées trop nombreuses agitent mon esprit, troublé. Des objets par trop adaptés à des cadeaux inopinés apparaissent dans mes mains aux grés de promenades décérébrées. Délicates attentions aptes à entretenir une blessure déjà longue, icône d'un amour presque absolu, perdu.. Sysiphéen.

Les vagues qui ébranlent sans rythme réel mon âme charrient de vains soupirs. Le rivage de mon coeur est las de cette tristesse aride et tente entre chaque marée d'en laver le sel. Petit à petit, à force de temps et d'entropie, la mer s'en va, laissant peu à peu place à un sable fin, scintillant, doux, futile.

Avancer, contrer, laisser... Avancer surtout.